Les enfants atteints d'autisme seraient plus imprégnés de métaux lourds que les autres enfants.

Selon une étude américaine publiée dans la revue "Biological Trace Element Research", les enfants atteints d’autisme semblent plus imprégnés de métaux lourds, dont le plomb.


Les enfants atteints d'autisme seraient plus imprégnés de métaux lourds que les autres enfants.

La charge de mercure donnée aux enfants depuis la naissance est de plus en plus importante pour plusieurs raisons. D'une part, le mercure est présent dans les amalgames dentaires de la mère (et transmissible de la mère à l'enfant via le placenta, d'autre part, la charge de mercure  et d'aluminium contenue dans les vaccins dépasse largement les doses recommandées.

Un niveau de mercure très élévé chez les enfants atteints d’autisme:

Par rapport aux 44 enfants testés dans le cadre de l'étude, qui ne présentaient pas de trouble, les 55 enfants atteints d'autisme (âgés de 5 à 16 ans) présentaient un niveau de plomb supérieur de 41% dans les globules rouges et de 74% dans les urines. Le taux urinaire de thallium était accru de 77%, celui de tungstène de 44% et celui d’étain de 115% chez les autistes.

Même si le faible effectif de l’étude ne permet pas de tirer de conclusions définitives, les résultats suggèrent une association entre le niveau de plusieurs de ces métaux lourds, dont le mercure, avec la sévérité de l’autisme

Lutter contre ce constat:

Il faudrait traiter ces enfants par des médicaments favorisant l’excrétion des métaux lourds. Lors d’une étude précédemment réalisée, les chercheurs ont obtenu des résultats plutôt encourageants en administrant à des enfants atteints d’autisme du DSMA (Chélateur:acide dimercaptosuccinique). Ce médicament a permis de réduire certains symptômes autistiques chez des enfants très atteints.

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L'autisme : une forme particulière d'intoxication au mercure (2)

 

Etude comparative des symptômes de l'autisme et de ceux de l'intoxication au mercure:

 

Extraits de l'étude
"Autism: A unique type of Mercury Poisoning",

 

disponible dans son intégralité à l'adresse
http://www.autism.com/triggers/vaccine/mercurylong.htm

 

Sallie Bernard*
Albert Enayati, B.S., Ch.E., M.S.M.E.**
Teresa Binstock
Heidi Roger
Lyn Redwood, R.N., M.S.N., C.R.N.P.
Woody McGinnis, M.D.

 

*Contact : sbernard@nac.net
**Contact : (201) 444-7306
njcan@aol.com

 

Copyright (c) 2000 ARC Research

 

14 Commerce Drive
Cranford, NJ 07016
21 avril 2000

 

N. d. T. : Les pages qui suivent sont extraites de l'étude "Autism: A unique type of Mercury Poisoning". Les tableaux ont été traduits au complet, mais pour des raisons pratiques, les textes intercalés sont en revanche des extraits ou des résumés de la version initiale en langue anglaise.

 

Le texte d'origine a été toutefois conservé à la suite des passages en français. Il présente les très nombreuses références d'études étayant le propos des auteurs.

 

Tableau A :
Similitudes entre les symptômes de
l'autisme et ceux de l'intoxication au mercure

 

Intoxication au mercure

Autisme

 

Troubles psychiatriques

 

Difficultés relationnelles, timidité, retrait

Difficultés relationnelles, timidité, retrait

Dépression, sautes d'humeur ; visage peu expressif

Traits dépressifs, sautes d'humeur ; affect plat

Anxiété

Anxiété

Tendances schizoïdes, traits obsessionnels compulsifs

Tendances schizoïdes, traits obsessionnels compulsifs ; comportements répétitifs

Evitement du regard, hésitations à entrer en relation

Manque de contact oculaire, évitement de la conversation

Craintes irrationnelles

Craintes irrationnelles

Irritabilité, agressivité, colères

Irritabilité, agressivité, colères

Altération des capacités de reconnaissance faciale

Altération des capacités de reconnaissance faciale

 

Troubles de la parole, du langage et de l'audition

 

Perte du langage, troubles du développement du langage

Retards ou échec de développement du langage

Dysarthrie ; difficultés d'élocution

Dysarthrie ; difficultés d'élocution

Troubles de compréhension de la parole

Troubles de compréhension de la parole

Problèmes d'expression et de fluidité verbales

Echolalie ; erreurs de terminologie et de praxies

Hyperacusie

Hyperacusie

Perte de l'audition ; surdité en cas d'intoxication sévère

Perte modérée à profonde de l'audition

Faibles résultats aux tests de QI verbaux

Faibles résultats aux tests de QI verbaux

 

Anomalies sensorielles

 

Sensations anormales au niveau de la bouche et des extrémités

Sensations anormales au niveau de la bouche et des extrémités

Sensibilité au bruit

Sensibilité au bruit

Sensations tactiles anormales ; aversions tactiles

Sensations tactiles anormales ; aversions tactiles

Anomalies vestibulaires

Anomalies vestibulaires

 

Troubles moteurs

 

Mouvements involontaires tels que agitation des bras et des chevilles, mouvements myocloniques, mouvements maniérés, déplacements en cercle, balancements

Mouvements stéréotypés tels que agitation des bras, sauts, déplacements en cercle ou en tournant sur soi-même, balancements, mouvements myocloniques ; mouvements maniérés

Anomalies de la coordination oculomotrice ; apraxie des membres ; tremblements

Manque de coordination oculomotrice ; apraxie des membres ; troubles du mouvement volontaire

Altération de la démarche, ataxie allant du manque de coordination avec maladresse à une inaptitude à la marche, la position debout ou assise ; perte du contrôle moteur

Anomalies de la démarche et de la posture, maladresse et troubles de la coordination ; difficultés pour se tenir debout, assis ou couché, ainsi que pour se déplacer à quatre pattes puis marcher

Difficultés pour mâcher ou avaler

Difficultés pour mâcher ou avaler

Postures inhabituelles ; marche sur la pointe des pieds

Postures inhabituelles ; marche sur la pointe des pieds

 

Troubles cognitifs

 

Intelligence limite, retard mental – dans certains cas réversible

Intelligence limite, retard mental – dans certains cas "rattrapé"

Manque de concentration et d'attention, inhibition des réactions

Manque de concentration et d'attention, attention instable

Résultats hétérogènes aux sous-tests de QI

Résultats hétérogènes aux sous-tests de QI

QI verbal plus élevé que le QI performance

QI verbal plus élevé que le QI performance

Manque de mémoire à court terme, verbale et auditive

Manque de mémoire à court terme, verbale et auditive

Déficit des compétences oculomotrices et perceptivo-motrices ; anomalies des temps de réponse

Déficit des compétences oculomotrices et perceptivo-motrices ; allongement des temps de réalisation aux tests chronométrés

Difficultés pour exécuter des consignes complexes

Difficultés pour exécuter des consignes multiples

Difficultés de compréhension des mots

Difficultés de compréhension des mots

Difficultés de compréhension des concepts abstraits et du symbolisme ; régression des capacités mentales supérieures

Déficit de la pensée abstraite et des capacités symboliques, de la compréhension de la pensée d'autrui, de la mise en séquence, de la planification et de l'organisation

 

Comportements inhabituels

 

Reniflements stéréotypés (chez le rat)

Comportements stéréotypés et répétitifs

Tendances au déficit d'attention et à l'hyperactivité

Tendances au déficit d'attention et à l'hyperactivité

Agitation, pleurs injustifiés, mimiques, regard fixe

Agitation, pleurs injustifiés, mimiques, regard fixe

Troubles du sommeil

Troubles du sommeil

Troubles de l'alimentation

Troubles de l'alimentation

Comportements automutilateurs (se cogner la tête contre les murs, par exemple)

Comportements automutilateurs (se cogner la tête contre les murs, par exemple)

 

Troubles visuels

 

Faible contact oculaire, altération de la fixation visuelle

Faible contact oculaire, peu d'attention conjointe

"Troubles oculaires", cécité, myopie, diminution de l'acuité visuelle

"Troubles oculaires" ; saccades imprécises/ralenties ; altération des bâtonnets

Sensibilité à la lumière, photophobie

Sensibilité excessive à la lumière

Vision floue

Vision floue

Retrécissement du champ visuel

Non documenté

 

Troubles physiques

 

Paralysie cérébrale ; hyper- ou hypotonie ; réflexes anormaux ; perte de tonus musculaire, en particulier dans la partie supérieure du corps ; incontinence ; difficultés pour mâcher, avaler, saliver

Paralysie cérébrale ; hyper- ou hypotonie ; réflexes anormaux ; manque de tonus musculaire, en particulier dans la partie supérieure du corps ; incontinence ; difficultés pour mâcher et avaler

Irritations, dermatites/peau sèche, démangeaisons ; sensations de brûlure

Irritations, dermatites, eczéma, démangeaisons

Troubles de l'autonomie : transpiration excessive, mauvaise circulation, rythme cardiaque élevé

Troubles de l'autonomie : transpiration inhabituelle, mauvaise circulation, rythme élevé

 

Troubles gastro-intestinaux

 

Gastroentérites, diarrhées ; douleurs abdominales, constipation, "colites"

Diarrhées, constipation, gaz, douleurs abdominales, colites

Anorexie, perte de poids, nausées, perte de l'appétit

Anorexie ; troubles de l'alimentation/vomissements

Lésions de l'iléon et du colon ; augmentation de la perméabilité intestinale

Syndrome de perméabilité intestinale

Inhibition de la dipeptidyl peptidase IV, nécessaire au fractionnement de la casomorphine

Déficit en enzymes endopeptides nécessaires au fractionnement de la caséine et du gluten

 

Anomalies biochimiques

 

Le mercure se lie avec les groupes sulfhydryl ; blocage du transport des sulfates dans les intestins et les reins

Niveaux de sulfates insuffisants

Le mercure se lie avec les purines et les pyrimidines

Anomalies du métabolisme des purines et des pyrimidines entraînant des traits autistiques

Diminution des niveaux de glutathion nécessaires à la détoxication des métaux lourds dans les neurones, les cellules et le foie

Manque de glutathion ; perturbation de la capacité de détoxication des métaux lourds du foie

Diminution sensible de la glutathion peroxydase et de la glutathion réductase

Activité anormale de la glutathion peroxydase dans les érythrocytes

Perturbations de l'activité des mitochondries, en particulier dans le cerveau

Perturbation de l'activité des mitochondries, en particulier dans le cerveau

 

Perturbations immunitaires

 

Réactions allergiques ou auto-immunes ; troubles tels que asthme, symptômes auto-immunes, rhumatismaux

Allergies et asthme ; terrain familial de maladies auto-immunes, arthrite rhumatismale en particulier ; déficits en IgA

Réponse immunitaire possible dans le système nerveux central

Réponse immunitaire constante dans le système nerveux central

Autoanticorps dans le cerveau et la protéine de base de la myéline

Autoanticorps dans le cerveau et la protéine de base de la myéline

Production excessive de Th2 ; destruction/inhibition des lymphocytes, cellules T et monocytes ; diminution de l'activité des cellules NK et T ; production ou suppression d'IFNg et IL-2

Anomalies dans les sous-ensembles de cellules immunitaires de type Th2 ; diminution de la réponse aux mitogènes de cellules T ; diminution de l'activité des cellules NK et T ; augmentation des IFNg et IL-12

 

Pathologie structurelle du système nerveux central

 

Concentration dans des zones du cerveau incapables de se détoxiquer ou de combattre le stress oxydant induit par le mercure

Anomalies de certaines zones spécifiques du cerveau ; de nombreuses fonctions sont épargnées

Altération des cellules de Purkinje et granulaires

Altération des cellules de Purkinje et granulaires

Accumulations dans l'amygdale et l'hippocampe

Anomalies de l'amygdale et de l'hippocampe

Anomalies de la cytoarchitecture neuronale ; perturbations de la migration neuronale et de la division des cellules ; réduction des molécules d'adhésion cellulaire neuronales (NCAM)

Désorganisation neuronale ; augmentation de la multiplication des cellules neuronales, augmentation du nombre de cellules gliales ; diminution des molécules d'adhésion cellulaire neuronales (NCAM)

Microcéphalie progressive

Microcéphalie et macrocéphalie progressives

Anomalies du tronc cérébral dans certains cas

Anomalies du tronc cérébral dans certains cas

Perturbations neurochimiques

 

Inhibition de la libération présynaptique et du transport de la sérotonine ; perturbations du cycle du calcium

Diminution de la synthèse de la sérotonine chez les enfants ; perturbations du cycle du calcium

Perturbation des voies de la dopamine

Niveaux de dopamine élevés ou faibles

Elévation des niveaux d'épinephrine et de norépinephrine par blocage de l'enzyme chargée de dégrader l'épinephrine

Niveaux d'épinephrine et de norépinephrine élevés

Augmentation du glutamate

Augmentation du glutamate et de l'aspartate

Déficience en acétylcholine corticale ; augmentation de la densité en récepteurs muscariniques dans l'hippocampe et le cervelet

Déficience en acétylcholine corticale ; mauvaise liaison des récepteurs muscariniques dans l'hippocampe

Neuropathie démyélinisante

Démyélinisation du cerveau

 

Anomalies à l'EEG / épilepsie

 

Anomalies des tracés d'EEG, activité épileptiforme

EEG anormaux, activité épileptique

Crises épileptiques, convulsions

Crises épileptiques, épilepsie

Activité épileptique subtile, de faible amplitude

Activité épileptique subtile, de faible amplitude

Caractéristiques de la population

 

Prédominance masculine

Prédominance masculine (rapport 4:1)

A faibles doses, seuls les sujets génétiquement sensibles sont affectés

Facteurs génétiques déterminants (concordance à 90% chez les jumeaux monozygotes)

Ajout dans les vaccins à partir des années 1930

Premières identifications de l'autisme chez des enfants nés dans les années 1930

Augmentation constante des niveaux d'exposition depuis les années 1930 avec le renforcement des taux de vaccination et du nombre de vaccins administrés

Augmentation constance de la prévalence : 1 sur 2000 (avant 1970), 1 sur 500 (début des années 1990), supérieure en 2000.

Exposition entre 0 et 15 mois ; phase silencieuse sur le plan clinique suivie d'une apparition différée des symptômes ; apparition progressive de symptômes liés au mouvement et à la sensation

Apparition des symptômes entre 4 mois et deux ans ; apparition progressive de symptômes liés au mouvement et à la sensation

 

Introduction:

 

Autisme

 

Considéré comme un syndrome neuro-développemental, l'autisme ou spectre autistique se caractérise par une altération qualitative des aptitudes relationnelles, un déficit de la communication verbale et non verbale, ainsi que la présence de comportements et intérêts répétitifs et restreints. Il convient toutefois d'évoquer d'autres traits tels que les troubles de la motricité, des dysfonctionnements sensoriels, des difficultés cognitives, ainsi que des anomalies sur les plans gastro-intestinal et immunitaire. Pour être qualifiés d'autistiques, les troubles doivent apparaître avant l'âge de trois ans ; apparents dans certains cas dès la naissance, ils succèdent le plus souvent à plusieurs mois de développement normal suivis d'une régression ou d'une incapacité nette à progresser normalement. Initialement considéré comme une affection rare, l'autisme concernerait actuellement un enfant sur 500, voire 1 sur 100 si l'on considère l'ensemble des sujets répondant aux caractéristiques d'un "spectre autistique" au sens large.

 

Les symptômes autistiques peuvent être associés à différentes affections connues telles que la sclérose tubéreuse, les syndromes de Rett, de Landau-Kleffner et de l'X fragile ainsi que diverses maladies métaboliques. Dans la grande majorité des cas toutefois (70 à 90%), l'étiologie et la pathogenèse demeurent inexpliquées. La thèse d'une atteinte environnementale précoce sur un terrain génétiquement prédisposé tend toutefois à s'imposer.

 

Mercure

 

Le métal lourd qu'est le mercure (Hg) est considéré comme l'une des substances les plus toxiques au monde. Des cas d'empoisonnement sont évoqués depuis l'époque de l'empire romain. Citons en particulier la "maladie du chapelier", ainsi que des empoisonnements à grande échelle au cours du 20e siècle : la maladie de "Minamata" (empoisonnement au Japon dû à la consommation de poisson contaminé), empoisonnements en Iraq, au Guatemala et en Russie suite à l'ingestion de graines contaminées, ou encore, durant la première moitié du 20e siècle, l'acrodynie ou "maladie rose", empoisonnement par des poudres destinées à atténuer les douleurs de la percée dentaire chez le jeune enfant. De nombreux cas d'empoisonnement isolés ou de groupes plus restreints ont été par ailleurs documentés.

 

Les symptômes, qui varient d'un individu à l'autre en fonction de différentes variables, sont recensés Tableau  I. Parmi ces variables il faut citer l'âge, les doses et la durée de l'exposition, le type de mercure, le mode d'exposition – par inhalation, sous-cutanée, orale, intramusculaire - ainsi que, et surtout, le terrain immunitaire et génétique de chacun.

 

Autism, or Autistic Spectrum Disorder (ASD), is considered a neurodevelopmental syndrome, emerging early in life and exhibiting a constellation of seemingly unrelated features and a wide variation in symptom expression and level of severity by individual (Filipek et al, 1999; Bailey et al, 1996). The diagnostic criteria for autism are qualitative impairments in social relatedness, deficits in verbal and nonverbal communication, and the presence of repetitive and restricted behaviors or interests (APA, 1994). As will be cited below, other traits associated with autism are movement disorder, sensory dysfunction, and cognitive impairments as well as gastrointestinal difficulties and immune abnormalities (Gillberg & Coleman, 1992; Warren et al, 1990; Horvath et al, 1999). Onset must occur before age 36 months (APA, 1994); although in some instances deficits are apparent at birth, in the great majority of cases there are at least several months of normal development followed by clear regression or failure to progress normally (Gillberg & Coleman, 1992; Filipek et al, 1999; Bailey et al, 1996). Formerly regarded as a rare disease, autism is now said to affect one in 500 children (Bristol et al, 1996), with some estimates suggesting one in 100 for a broader phenotype often labeled as the "autism-spectrum" of disorders and which includes both higher and lower functioning individuals (Arvidsson et al, 1997; Wing, 1996).

 

Autism and autistic symptoms can arise from a number of known disorders, most notably tuberous sclerosis, Rhett syndrome, Landau-Kleffner syndrome, Fragile X, Phenylketonuria, purine autism, and other purine metabolic diseases such as PRPP synthetase defects and 5'-nucleotidase superactivity. The etiology and pathogenesis of the vast majority of autism cases - 70% - 90% (Gillberg and Coleman, 1992; Bailey et al, 1996) - remain unexplained, however, despite ASD being "one of the most extensively studied disorders in child psychiatry today" (Malhotra and Gupta, 1999). Nevertheless, there is general agreement that most cases of autism arise "from the interaction of an early environmental insult and a genetic predisposition" (Trottier et al, 1999; Bristol et al, 1996).

 

Tableau I : variables de l'exposition au mercure et
symptômes divers et non spécifiques observés

 

Variables

Niveaux d'exposition

Quantité

Doses élevées, létales ou quasiment létales et responsables de séquelles graves, à doses faibles considérées "sûres", assorties de troubles neurologiques et autres symptômes physiques subtils

Durée de l'exposition

Une ou plusieurs fois en l'espace de plusieurs semaines, mois ou années

Dose

Bol, dose quotidienne

Terrain

(a) Age de l'exposition (in utero, petite enfance, adolescence, âge adulte)

(b) Susceptibilité génétique

(c) Sexe

Types de mercure

Formes organiques alkyl : méthylmercure et éthylmercure

Formes inorganiques : mercure métallique, élémentaire (liquide), mercure ionique et sels de mercure

Principaux modes d'exposition

Inhalation de vapeurs de mercure, ingestion, injections sous-cutanées, intramusculaires ou intraveineuses, application locale sous forme de gouttes pour les oreilles, poudres pour les gencives, crèmes et pommades.

 

Si ces variations en termes d'exposition, de terrain et de génotype produisent des phénotypes cliniques variables, tous les troubles d'origine mercurielle présentent des caractéristiques communes : dans presque tous les cas des troubles moteurs qui pourront revêtir la forme d'une simple maladresse ou au contraire de mouvements involontaires invalidants ; ou encore des troubles psychologiques qui pourront se traduire chez certains par de l'anxiété ou chez d'autres par de l'agressivité ou de l'irritabilité.

 

Diagnostic de l'empoisonnement au mercure chez les sujets atteints d'autisme:

 

Difficile à diagnostiquer, l'empoisonnement au mercure est souvent interprété par les cliniciens comme une pathologie psychiatrique, en particulier si aucune exposition n'est suspectée. La principale difficulté est inhérente à deux caractéristiques de ce métal lourd : la possibilité d'une longue période de latence entre le moment de l'exposition et l'apparition des symptômes, et les manifestations variables de la maladie qui permettent difficilement au clinicien d'établir un lien précis entre les symptômes spécifiques de son patient et ceux décrits dans d'autres études de cas.

 

Face à ces difficultés, les critères suivants ont été établis :

 

  1. Anomalies dans la plupart des domaines suivants :
    (a) difficultés motrices,

    (b) anomalies sensorielles,
    (c) troubles psychologiques et du comportement,
    (d) déficits neurologiques et cognitifs,
    (e) altération du langage, de l'audition et de la vision, et
    (f) manifestations physiques telles que irritations ou réflexes inhabituels.
  2. Exposition connue au mercure :
    (a) à un niveau identifié comme ayant entraîné des séquelles chez des sujets comparables dans des circonstances similaires, et 
    (b) à un moment compatible avec l'apparition des symptômes, compte tenu de la période de latence.
    Il faut noter les différences de vues des toxicologistes quant à la définition des doses "toxiques" ou "sûres", certains chercheurs estimant que le mercure est toxique à quelque dose que ce soit.

  3. Niveaux de mercure décelables dans les urines, le sang ou les cheveux.
    L'éventuelle absence de mercure dans les échantillons analysés avant même l'apparition des symptômes ne permet pas de conclure à l'absence d'intoxication ;
  4. Amélioration des symptômes après chélation.
    Il faut toutefois noter l'absence d'amélioration chez certains sujets clairement empoisonnés ou au contraire l'amélioration spontanée d'autres sujets.

 

Aucun de ces critères n'est en soi suffisant pour établir avec certitude un diagnostic et la conjonction de deux ou trois de ces critères est généralement nécessaire. En faisant la synthèse de la masse de littérature disponible tant pour les troubles du spectre autistique que le mercure, ce document met en évidence le fait que, sur la base de ces quatre critères de diagnostic, de nombreux si ce n'est la majorité des cas d'autisme répondent aux critères de l'empoisonnement mercuriel.
Cette étude :
(i) met en lumière un mécanisme unique auquel peut être imputé l'ensemble des troubles et anomalies biologiques de l'autisme, en tenant compte de sa composante génétique, des niveaux de prévalence et du sexe ;
(ii) impute ce mécanisme à "l'attaque environnementale" que constitue l'exposition précoce des enfants. Le principal mode d'exposition est le thimoséral, conservateur des vaccins infantiles composé à 50% d'éthylmercure.

 

Le propos n'est pas d'affirmer que les cas d'intoxication au mercure documentés par le passé étaient des cas d'autisme, mais que le spectre autistique inclut une forme spécifique d'intoxication au mercure, de même que l'acrodynie, la maladie de Minamata et la "maladie du chapelier fou" correspondent à des formes comparables d'intoxication au mercure. Une expression spécifique s'imposerait pour l'autisme, sachant que les effets de l'administration répétée d'éthylmercure aux nourrissons et jeunes enfants lors des vaccinations n'ont encore jamais été décrits dans la littérature consacrée au mercure.

 

Nous maintenons que le phénotype divers qu'est l'autisme correspond au phénotype divers qu'est l'intoxication au mercure dans des proportions beaucoup trop importantes pour que l'on puisse envisager la moindre coïncidence. Considérés l'exposition connue au mercure des enfants autiste et la présence de mercure dans les échantillons biologiques d'un certain nombre de sujets autistes, nous sommes certains de la validité de nos conclusions.

 

I. Comparaison des symptômes

 

La similitude des symptômes des troubles du spectre autistique et de l'empoisonnement au mercure est frappante. Les tableaux de synthèse fournis à la fin de chaque partie en facilitent la comparaison.

 

a. Affect/profil psychologique

 

Depuis la définition établie en 1943 par le psychiatre Leo Kanner, l'autisme a été initialement défini comme relevant de la psychiatrie. L'une des conditions requises pour évoquer le diagnostic est le déficit des interactions sociales avec recherche de la solitude, des difficultés pour entrer et demeurer en relation, entretenir une conversation, des difficultés en matière de reconnaissance des visages et de "théorie de l'esprit ", ainsi que l'évitement du regard.

 

La seconde condition requise est la présence d'activités répétitives et stéréotypées, une aversion pour le changement et des tendances obsessionnelles compulsives. La plupart des sujets se caractérisent également par leur anxiété.

 

Les troubles du spectre autistique peuvent également s'assortir de tendances dépressives, de "passivité", avec un affect plat, l'absence d'expressions faciales, un manque d'initiative, une inhibition des réactions émotionnelles, une instabilité d'humeur, et souvent un langage psychotique. Par le passé l'autisme a souvent été considéré à tort comme une schizophrénie infantile. Des peurs irrationnelles, des comportements agressifs et des crises de colère intenses sont également courants, ainsi qu'une irritabilité chronique, des pleurs ou des rires inexpliqués.

 

L'empoisonnement au mercure, avant d'être identifié, est souvent initialement diagnostiqué comme une pathologie psychiatrique aux vues de symptômes classiques tels que :

(a) la dépression, y compris le "manque d'intérêt" et la "confusion mentale",
(b) une "extrême timidité", le manque d'empathie et la recherche de la solitude,
(c) l'irritabilité chez l'adulte et les crises de colère chez l'enfant, ainsi que
(d) l'anxiété et la peur.
Des névroses incluant des traits schizophrènes et obsessionnels compulsifs ont été également signalées.

 

Les jeunes singes exposés avant leur naissance au mercure présentent des déficits relationnels, des comportements passifs ainsi qu'un déficit dans la reconnaissance des visages. Les humains exposés aux vapeurs du mercure rencontrent également des difficultés aux tests de reconnaissance faciale et peuvent présenter un visage "impassible" et une instabilité émotionnelle. Les enfants irakiens exposés au méthylmercure ont par exemple tendance à pleurer, rire ou sourire sans raison apparente, à la manière des enfants autistes décrits par Wing et Attwood (1987).

 

Tableau II : troubles psychiatriques
communs à l'autisme et à l'intoxication au mercure

 

Intoxication au mercure

Autisme

Timidité extrême, retrait social, sensibilité exacerbée, introversion

Déficits et retrait sur le plan social, timidité extrême, distance

Sautes d'humeur ; affect plat ; visage impassible ; rires ou pleurs spontanés ; épisodes d'hystérie

Sautes d'humeur ; affect plat ; visage peu expressif ; rires ou pleurs spontanés

Anxiété ; nervosité ; tremblements ; somatisation de l'anxiété

Anxiété, nervosité, troubles associés à l'anxiété

Tendances schizoïdes, névroses, traits obsessionnels compulsifs, rêves répétitifs

Traits schizophrènes ; traits obsessionnels compulsifs ; comportements et pensées répétitifs

Manque de contact oculaire, recul de la communication verbale, hésitations pour entrer en relation

Manque de contact oculaire, fuite du regard, évitement de la conversation

Dépression, manque de centres d'intérêt, lassitude, fatigue, apathie ; sentiment d'impuissance, mélancolie

Traits associés tels que dépression, manque d'initiative, inhibition de l'expression des émotions

Baisse de l'activité, du désir de sortir et d'être en société ; agitation

Tendance au retrait, repli à l'intérieur de son espace, désir de solitude ; hyperactivité

Peurs irrationnelles

Peurs irrationnelles

Irritabilité, colères, agressivité ; chez l'enfant, ces traits peuvent revêtir la forme de colères intenses et fréquentes

Irritabilité et agressivité ; colères intenses chez les enfants

Phases psychotiques ; hallucinations, impression d'entendre des voix ; pensées paranoïaques

Propos psychotiques, pensées paranoïaques

Altération de la fonction de reconnaissance des visages

Altération de la fonction de reconnaissance des visages

 

L'autisme ayant été traditionnellement défini et étudié par les chercheurs à la lumière de la psychiatrie, il s'avère nécessaire de partir de cas pour illustrer les aspects psychiatriques similaires entre les troubles du spectre autistique et l'intoxication au mercure. Il convient de rappeler que le retrait social et l'altération des facultés de communication sont des caractéristiques (i)  inhérentes à l'autisme et (ii) clairement associées à l'intoxication au mercure qui revêtent les formes suivantes :

 

(a) interprétation littérale rigide de la signification des mots ; erreurs de sens et pragmatiques qui perturbent la communication sociale ;
(b) déficits sociaux, difficultés de perception des règles de comportement social, perçues comme un manque d'éducation ;
(c) incapacité à prendre part à une conversation ; difficultés de compréhension de la conversation ; pensées exclusives.

 

b. Langage et audition:

 

Le troisième critère de diagnostic de l'autisme est l'altération qualitative de la communication, qui est également l'un des principaux symptômes de l'empoisonnement au mercure.

 

Le retard d'apparition du langage fait souvent partie des premiers signes annonciateurs d'un trouble du spectre autistique. Globalement la moitié des personnes atteintes d'autisme classique ne parvient pas à développer un langage cohérent et souffre de difficultés de motricité buccale (pour mâcher ou avaler, par exemple). Lorsque le langage se développe, il peut s'accompagner de troubles neuromoteurs spécifiques tels que dyspraxie verbale ou dysarthrie. L'écholalie et l'inversion des pronoms sont classiques chez le jeune enfant. Beaucoup de sujets obtiennent aux tests de QI verbaux des résultats inférieurs à ceux obtenus aux tests de QI performance. Les sujets de haut niveau tels que ceux atteints du syndrome d'Asperger peuvent disposer d'un langage fluide assorti d'erreurs sémantiques et pragmatiques.

 

Les troubles de l'audition sont également courants : déficit léger à profond de l'audition chez 24% des sujets, hyperacusie, otites et perte de l'audition chez certains sujets, indépendamment du QI, qui conduisent généralement à des tests d'audition avant même qu'un diagnostic d'autisme soit envisagé. Des réactions atypiques aux stimuli auditifs ainsi qu'un babillage inhabituel sont quasiment systématiques dans l'autisme, qu'il s'agisse d'un manque de réaction ou de réactions excessives. Les difficultés de compréhension du langage ou de perception du langage sur fond sonore sont courantes.

 

En ce qui concerne le langage et l'aspect auditif, les similitudes entre l'autisme et l'intoxication au mercure sont frappantes. Les premiers signes de l'empoisonnement au mercure sont la dysarthrie (articulation déficiente) et des troubles de l'audition allant jusqu'à la surdité. Dans certains cas, ces troubles de l'audition se traduisent plus par une inaptitude à comprendre le langage qu'à une réelle incapacité auditive. L'empoisonnement au mercure peut également se traduire par de l'aphasie, incapacité à comprendre ou à prononcer des mots.

 

Les enfants exposés au mercure, y compris in utero, présentent des difficultés de langage. Les bébés irakiens exposés in utero se caractérisaient par l'absence de langage ou des troubles sévères du langage, des réactions excessives au bruit et une audition réduite. Les enfants exposés par la consommation de pain contaminé au méthyl ou à l'éthylmercure présentaient des problèmes d'articulation ou un langage incohérent. La plupart présentaient une altération de l'audition voire une surdité.

Les symptômes constatés chez des adultes intoxiqués sont similaires, qui s'agisse des adultes irakiens ayant consommé du pain contaminé au méthylmercure, ou d'adultes intoxiqués par le thimoséral, du diméthylmercure ou des vapeurs de mercure. (Mercure dans les amalgames dentaires transmissible via le placenta de la mère au foetus, Aluminium dans les vaccins).

 

Tableau III : troubles de la parole, du langage et de l'audition
dans l'intoxication au mercure et l'autisme

 

Intoxication au mercure

Autisme

Perte complète du langage chez l'adulte ou l'enfant ; incapacité à développer le langage chez l'enfant

Apparition différée du langage ; incapacité à développer le langage

Dysarthrie ; difficultés d'élocution dues à des tremblements ; élocution lente et indistincte

Dysarthrie ; dyspraxie et difficultés bucco-motrices ; langage inintelligible

Aphasie, incapacité à utiliser et à comprendre le langage malgré une audition intacte

Déficit de la compréhension du langage malgré une audition intacte

Difficultés de verbalisation, manque de fluidité

Echolalie ; inversion de pronoms, erreurs de sens et pragmatiques ; langage restreint

Troubles de l'audition ; difficultés pour différencier les voix dans une foule

Difficultés pour suivre une conversation sur fond sonore

Sensibilité au bruit

Sensibilité au bruit

Perte de l'audition ; surdité à doses très élevées

Déficit moyen à léger de l'audition

Faibles performances aux tests de langage types

Faibles performances aux tests de QI verbaux

 

 

c. Perception sensorielle:

 

Les anomalies sensorielles et sensori-motrices sont considérées comme l'une des caractéristiques de l'autisme : aversion pour le toucher, manque d'attention visuelle, objets portés à la bouche, retards dans la réaction au nom chez le jeune enfant. Il est envisageable que ces anomalies soient à la base des difficultés de sociabilisation ultérieures et permettent de différencier les personnes porteuses d'un TED de celles présentant un retard mental ou neurotypiques. Outre la sensibilité au bruit, les troubles du spectre autistique s'accompagnent souvent d'une insensibilité à la douleur, ou au contraire de réactions excessives à des stimuli tels que la luminosité ou le toucher. Des sensations anormales au niveau des extrémités et de la bouche sont courantes, ainsi que la marche sur la pointe des pieds. Les enfants autistes présentent souvent des troubles de la déambulation et des difficultés d'orientation dans l'espace.

 

Ces anomalies sensorielles se retrouvent dans presque tous les cas d'intoxication au mercure.

La paresthésie, ou sensation anormale, des sensations de chatouillement ou une insensibilité autour de la bouche et aux extrémités, sont généralement les premiers symptômes sensoriels de l'intoxication au mercure. Les japonais qui ont consommé du poisson contaminé présentaient une insensibilité des extrémités, du visage et de la langue. Les enfants irakiens qui avaient consommé du pain contaminé présentaient une insensibilité de la bouche, des mains et des pieds, associée à une impression de "fourmillements sous la peau", de picotements.Une perte des capacités d'orientation dans l'espace a également pu être notée. Les personnes atteintes d'acrodynie font état de douleurs intenses dans les membres lorsqu'elles se heurtent, de zones insensibles et de problèmes de circulation. Les bébés irakiens exposés in utero se caractérisaient par des pleurs, une irritabilité et des réactions intenses à des stimuli tels qu'un bruit soudain ainsi qu'au toucher.

Tableau IV : anomalies sensorielles
dans l'intoxication au mercure et l'autisme

Intoxication au mercure

Autisme

Sensations anormales ou insensibilité de la bouche et des extrémités (paresthésie) ; sensations de brûlure sur les pieds

Sensations anormales de la bouche et des extrémités ; mise à la bouche excessive d'objets (jeunes enfants) ; marche sur la pointe des pieds ; difficultés pour saisir les objets

Sensibilité au bruit

Sensibilité au bruit

Douleur excessive en cas de choc ; sensations anormales du toucher ; aversion pour tout contact physique

Insensibilité ou réactions exagérées à la douleur et au toucher ; aversion pour le toucher ; raideur

Difficultés de repérage dans l'espace

Anomalies vestibulaires ; difficultés d'orientation dans l'espace

d. Mouvement/ motricité:

L'autisme s'accompagne dans presque tous les cas de troubles moteurs. Qu'il s'agisse de la position allongée ou de se retourner, s'asseoir ou marcher à quatre pattes, le jeune enfant autiste se comporte de manière inhabituelle. Assis, il tombe faute d'utiliser l'un de ses bras, plus tard, sa démarche est anormale, asymétrique le plus souvent du côté droit. Parmi les autres caractéristiques, l'absence de marche à quatre pattes, l'absence d'anticipation lorsque l'on s'apprête à le prendre dans les bras, une agitation des bras, des postures inhabituelles, des sauts et des mouvements maniérés des doigts. On retrouve chez de nombreux sujets Asperger des difficultés de coordination et une maladresse dans le mouvement. Il faut également évoquer dans l'autisme des problèmes de praxis (mouvement intentionnel), les stéréotypies, les mouvements de déplacement en cercle ou de rotation sur place, les balancements, la marche sur la pointe des pieds, des mouvements saccadés, des difficultés pour déglutir et mâcher, écrire, l'apraxie des membres et une mauvaise coordination oculomotrice.

L'intoxication au mercure est également essentiellement caractérisée par des troubles moteurs, y compris dans le cas des enfants intoxiqués in utero. Ces troubles revêtent différentes formes : chez les bébés et enfants irakiens intoxiqués, une ataxie allant de la maladresse à une réelle incapacité à marcher ou à se tenir debout.

 

Tableau V : troubles moteurs
dans l'intoxication au mercure et l'autisme

Intoxication au mercure

Autisme

Mouvements involontaires des bras, tels que battements des bras, mouvements saccadés des chevilles, mouvements désordonnés ; mouvements maniérés ; déplacements en cercle ; balancements ; mouvements injustifiés des extrémités ; contractions, tremblements ; spasticité musculaire

Mouvements stéréotypés tels que battements de bras, sauts, déplacements en cercle ou tournoiements, balancements ; mouvements désordonnés, mouvements maniérés 

Ecriture mal assurée ou incapacité à tenir un crayon ; difficultés de coordination oculomotrice ; apraxie des membres ; tremblements ; perte de la motricité fine

Difficultés pour écrire ou tenir un stylo ; difficultés de coordination oculomotrice ; apraxie des membres ; difficultés pour réaliser des mouvements intentionnels (praxie)

Ataxie : altération de la démarche allant de l'incoordination légère ou la maladresse à l'incapacité totale de marcher, de se tenir debout ou assis ; trébuchements ; perte du contrôle moteur

Démarche ou posture anormale, maladresse et incoordination ; difficultés pour se tenir assis ou couché, marcher à quatre pattes et marcher chez le jeune enfant et l'enfant

Marche sur la pointe des pieds

Marche sur la pointe des pieds

Difficultés pour mâcher ou avaler

Difficultés pour mâcher ou avaler

Postures inhabituelles

Postures inhabituelles

Aréflexie

Non évoqué

Tremblements en général, tremblements du visage, de la langue et des mains

Non évoqué

e. Cognition/capacités mentales:

Presque toutes les personnes porteuses d'autisme présentent une altération des fonctions mentales, même si les autres fonctions cognitives demeurent intactes. Le QI peut être révélateur d'un retard mental ou au contraire normal ou supérieur à la moyenne. Le tableau est identique dans le cas de l'intoxication au mercure. Les capacités affectées sont par ailleurs identiques dans les deux cas.

Pour ce qui est de l'autisme :
(a) mémoire à court terme ou mémoire de travail et mémoire auditive et verbale ;
(b) concentration et attention, en particulier aptitude à reporter son attention ;
(c) aptitudes visuomotrices et de la perception, y compris la coordination oculomotrice ;
(d) langage, expression et compréhension ; et
(e) exploitation de l'information visuelle en temps limité.

Domaines relativement peu affectés : la mémoire à long terme, la reconnaissance de schémas, la mise en correspondance, l'organisation perceptuelle et la discrimination de stimuli.

Les compétences sollicitées pour des tâches requérant un traitement plus complexe sont généralement affectées :
(a) traitement et filtrage de stimuli multiples ;
(b) exécution de consignes multiples ;
(c) mise en séquence, planification et organisation ;
(d) pensée abstraite et conceptuelle, compréhension de la symbolique.
Les enfants les plus jeunes ou les plus atteints peuvent présenter des difficultés en matière de jeu symbolique, de compréhension de la permanence des objets ou de la pensée d'autrui. Certains sont hyperlexiques sans pour autant comprendre ce qu'ils lisent. Le QI verbal est le plus souvent inférieur au QI performance.

A l'instar de l'autisme, l'exposition au mercure se caractérise par des difficultés dans les domaines suivants :
(a) mémoire à court terme et mémoire auditive et verbale ;
(b) concentration et attention, en particulier inhibition des réactions ;
(c) aptitudes visuomotrices et perceptuelles, dont la coordination oculomotrice ;
(d) langage, expression verbale et compréhension ; et
(e) temps de réaction.

Les personnes intoxiquées peuvent sembler avoir perdu la mémoire ou souffrir de confusion. Les résultats de QI performance peuvent être supérieurs aux résultats de QI verbal.

L'altération des "aptitudes mentales supérieures" se traduit par :
(a) des difficultés pour exécuter des consignes multiples ;
(b) des anomalies de la pensée abstraite et symbolique ;
(c) un déficit des compétences d'abstraction (construction et concepts).
On observe également parfois une alexie, incompréhension de la signification des mots lus.

Les enfants exposés in utero à des niveaux réputés "sûrs" de méthylmercure présentent des scores inférieurs à certains sous-tests cognitifs, en particulier ceux portant sur la mémoire et l'attention. Chez le jeune singe exposé, on constate un retard dans le développement de la compréhension de la permanence de l'objet et la capacité à conceptualiser un objet caché.

Les recherches menées en matière de retard mental dans l'autisme donnent des résultats contradictoires selon la nature des tests utilisés : le recours à des tests spécifiquement conçus fait apparaître un retard mental chez 20% des enfants autistes, contre 70%-80% avec les tests classiques. Contrairement à d'autres troubles assortis de retard mental, les sujets autistes présentent également des résultats particulièrement hétérogènes. En outre, contrairement aux cas classiques de retard mental, le plus souvent identifiés dès les premiers moments de la vie, les parents d'enfants du spectre autistique évoquent un développement relativement normal ultérieurement qualifié de retardé à l'occasion de tests.

De même que pour l'autisme, les sujets présentant les symptômes de l'intoxication au mercure peuvent présenter un QI normal, limite ou un retard mental ; lorsqu'une altération de l'intelligence est notée, elle est toujours précédée d'une détérioration évidente chez des personnes dotées auparavant d'une intelligence normale. Une fois le mercure éliminé, la plupart de ces patients "recouvrent" leur QI normal, ce qui laisse supposer que le "vrai" QI n'a pas été affecté.

Tableau VI : altération des capacités mentales
dans l'intoxication au mercure et l'autisme

Intoxication au mercure

Autisme

Altération de l'intelligence dans tous les cas

Altération de l'intelligence dans tous les cas

Intelligence limite lors du test de sujets précédemment dotés d'une intelligence normale ; retard mental dans les cas graves d'exposition prénatale ou postnatale ; certains cas de retard mental sont réversibles ; les études sur les primates font état d'une intelligence globale préservée à faible exposition

Intelligence limite ou retard mental chez des enfants qui semblaient précédemment dotés d'une intelligence normale ; cas de retard mental "réversible" ; signes d'un QI normal chez des enfants considérés présenter un retard mental

Résultats hétérogènes aux sous-tests d'intelligence

Résultats hétérogènes aux sous-tests d'intelligence

QI performance supérieur au QI verbal ; expression et compréhension verbales perturbées

QI performance supérieur au QI verbal ; expression et compréhension verbales perturbées

Manque de concentration, durée d'attention limitée, manque global d'attention ; mauvaise inhibition des réactions

Manque de concentration, durée d'attention limitée, manque d'attention, difficultés pour reporter son attention

Oublis, pertes de mémoire, en particulier de la mémoire immédiate, verbale et auditive ; confusion mentale

Manque de mémoire immédiate/de travail, verbale et auditive, difficultés de codage verbal

Faibles compétences visuomotrices et perceptuelles, mauvaise coordination oculomotrice, anomalies des temps de réponse

Faibles compétences visuomotrices et perceptuelles, mauvaise coordination oculomotrice, diminution des performances lors des tests chronométrés

Non testé

Difficultés pour traiter simultanément plusieurs stimuli

Difficultés pour traiter des consignes complexes

Difficultés pour traiter des consignes multiples

Alexie (incompréhension des mots écrits)

Hyperlexie (décodage de mots sans les comprendre)

Déficits de la construction, de l'abstraction conceptuelle, de la compréhension des idées abstraites et du symbolisme ; régression des capacités mentales supérieures

Déficits de la pensée abstraite et conceptuelle, du symbolisme, de la compréhension de la pensée d'autrui ; difficultés de mise en séquence, planification, organisation

Incompréhension de la permanence de l'objet (chez le primate)

Mauvaise perception de la permanence de l'objet (chez l'enfant)

f. Comportement:

L'autisme s'accompagne de troubles du sommeil, d'hyperactivité, d'hyperactivité avec déficit d'attention, ainsi que de comportements automutilateurs tels que se frapper la tête contre les murs, y compris en l'absence de tout retard mental. Agitation, cris, pleurs, regards dans le vide, comportements stéréotypés et grimaces sont courants. Les problèmes d'alimentation – alimentation sélective, vomissements ou anorexie sont également fréquents.

Les humains et les animaux exposés au mercure développent des comportements inhabituels : reniflements stéréotypés chez le rat exposé au mercure pendant la gestation, agitation, faible inhibition des réactions, agitation, pleurs, grimaces et insomnie chez le bébé et le jeune enfant ; les symptômes de l'acrodynie chez le bébé et le jeune enfant sont, entre autres, les pleurs, l'anorexie et l'insomnie ; le priapisme, érection permanente, a pu être également noté chez les garçons empoisonnés au mercure. Les adultes quant à eux présentent des insomnies assorties d'agitation et de perte de l'appétit. Les adultes atteints d'acrodynie dans leur enfance présentent des particularités sur le plan alimentaire telles qu'une préférence marquée pour les aliments salés, peut-être parce que le mercure entraîne une excrétion excessive de sodium.

 

Tableau VII : comportements inhabituels dans
l'intoxication au mercure et dans l'autisme

Intoxication au mercure

Autisme

Reniflements stéréotypés (chez le rat)

Comportements stéréotypés et répétitifs

Hyperactivité (chez le rat) ; faible inhibition des réactions (chez l'homme), agitation

Hyperactivité ; hyperactivité avec déficit d'attention

Agitation

Agitation

Insomnie ; difficultés d'endormissement

Insomnie ; difficultés d'endormissement ou réveil nocturne

Troubles de l'alimentation : anorexie, manque d'appétit, aversion pour la nourriture, alimentation non diversifiée, préférences pour certains types d'aliments (aliments salés)

Troubles de l'alimentation : anorexie ; alimentation non diversifiée ; difficultés d'alimentation et d'allaitement

Masturbation, priapisme

Tendances à la masturbation

Pleurs incompréhensibles, continus, spontanés (chez le jeune enfant et l'enfant)

Pleurs spontanés

Comportements automutilateurs tels que se frapper la tête contre les contre les murs et se frapper la tête (chez le très jeune enfant et l'enfant)

Comportements automutilateurs tels que se frapper la tête contre les murs et se frapper la tête

Grimaces (chez l'enfant)

Grimaces

Regard fixe (chez le très jeune enfant et l'enfant)

Regard fixe

g. Vision:

L'un des premiers symptômes de l'autisme est le manque de contact oculaire et d'attention conjointe. Il faut également noter des anomalies ou un ralentissement des saccades visuelles. Malgré dans certains cas une acuité visuelle hors normes, deux études ont identifié des troubles de la vision dans 50% des cas, dont une altération des bâtonnets et un voile rétinien qui conduisent de nombreux sujets à privilégier la vision périphérique. L'hypersensibilité à la lumière et une vision floue sont par ailleurs courantes.

Le mercure peut s'assortir de différents troubles de la vision : des enfants ayant absorbé de fortes doses de mercure en consommant du porc contaminé sont devenus aveugles, des enfants irakiens ont pu présenter des troubles allant d'une vision trouble ou d'un champ visuel retréci à une cécité complète. Les victimes de l'acrodynie présentent des troubles tels que la myopie et une sensibilité accrue à la lumière. Des troubles comparables ont été notés auprès des populations nippones et de mères irakiennes exposées.

Chez des chiens exposés à des doses quotidiennes de méthylmercure, on a pu observer une distorsion du potentiel visuel évoqué ; des singes exposés dès la naissance à de faibles doses de méthylmercure ont présenté des troubles de la vision spatiale et de l'acuité visuelle vers 3 et 4 ans.

 

Tableau VIII : troubles de la vision

dans l'intoxication au mercure et l'autisme

Intoxication au mercure

Autisme

Manque de contact oculaire ; difficultés pour fixer le regard

Manque de contact oculaire ; anomalies du regard ; manque d'attention conjointe

Troubles de la vision, cécité, myopie, baisse de l'acuité visuelle

Troubles de la vision, saccades imprécises ou ralenties, fonctionnement réduit des bâtonnets, voile rétinien

Hypersensibilité à la lumière, photophobie

Hypersensibilité à la lumière

Vision brouillée ou floue

Vision brouillée

Champs de vision restreints

Non décrit

h. Condition physique:

Le nombre de cas d'autisme chez les enfants atteints de paralysie cérébrale n'est pas dû au hasard. Nombre de ces enfants présentent un tonus musculaire anormal ainsi que des problèmes d'incontinence. Les faiblesses musculaires sont généralement plus marquées dans la partie supérieure du corps. Les difficultés pour mâcher et avaler sont également fréquentes.

Ces symptômes sont également constatés dans l'intoxication au mercure. Dans les populations irakiennes et nippones atteintes, de nombreux enfants ont développé une paralysie cérébrale clinique avec perte de tonus et de contrôle musculaire, voire une paralysie complète dans certains cas.

Irritations, dermatites et eczéma sont courantes chez les sujets atteints d'un syndrome autistique.

Les irritations et démangeaisons sont également des symptômes classiques de l'intoxication au mercure.

Des signes de troubles de l'autonomie, tels que transpiration, respiration irrégulière et accélération du pouls peuvent être notés de temps à autre. On a également noté des anomalies de la circulation sanguine, de la transpiration et de la régulation thermique chez les sujets Asperger.

Les anomalies de la transpiration, du pouls et de la circulation sanguine sont également courantes dans certaines formes d'intoxication au mercure. Ces anomalies peuvent être liées à un déséquilibre en acétylcholine, souvent insuffisante chez les sujets autistes et personnes intoxiquées au mercure (voir ci-après la section consacrée aux neurotransmetteurs).

Tableau IX : troubles physiques
dans l'intoxication au mercure et l'autisme

Intoxication au mercure

Autisme

Paralysie cérébrale ; hyper- ou hypotonie ; paralysie, réflexes anormaux ; spasticité musculaire ; diminution de la force musculaire et motrice, en particulier dans la partie supérieure du corps ; incontinence ; difficultés pour mâcher et pour avaler, salivation excessive

Paralysie cérébrale ; hyper- ou hypotonie ; manque de force musculaire, en particulier dans la partie supérieure du corps ; incontinence/difficultés d'apprentissage de la propreté ; difficultés pour mâcher et avaler

Irritations, dermatites, peau sèche, démangeaisons et sensations de brûlures

Irritations, dermatites, eczéma ; démangeaisons

Perturbations des fonctions autonomes : transpiration excessive ; mauvaise circulation, accélération du rythme cardiaque

Perturbations des fonctions autonomes : transpiration excessive ; mauvaise circulation, accélération du rythme cardiaque

j. Fonction gastro-intestinale:

Beaucoup de sujets autistes si ce n'est la majorité, présentent des problèmes gastro-intestinaux tels que diarrhées ou constipation chroniques, gaz, douleurs et distensions abdominales. Les colites sont également courantes et des cas d'anorexie ont été relevés. Kanner avait noté que ses premiers patients présentaient dans la moitié des cas des troubles de l'alimentation et des vomissements fréquents dans leur enfance. Des déficits en sulfates ont pu être notés, lesquels peuvent entraîner une augmentation de la perméabilité intestinale identifiée chez de nombreux sujets. Certains sujets présentent des fragments de peptides opioïdes inhabituels dans les urines, peptides dont l'on pense qu'ils pénètrent dans le flux sanguin et qu'ils résultent d'un fractionnement incomplet du gluten et de la caséine par manque d'enzymes endopeptidases.

Le mercure, qui se lie aux groupes soufrés, est connu comme facteur de gastro-entérites, de nausées, douleurs abdominales, perte de l'appétit, démangeaisons rectales, diarrhées et colites. L'acrodynie se caractérise également par des problèmes de constipation et de diarrhée. Une incontinence urinaire et fécale a été observée chez les enfants irakiens exposés in utero ou dans leur enfance. Une exposition intense aux vapeurs de mercure peut entraîner des douleurs abdominales, des nausées et des vomissements. Des problèmes de constipation, d'anorexie, de perte de poids et autres troubles de nature gastro-intestinale ont été relevés. Des rats exposés au chlorure mercurique ont pu présenter des lésions de l'iléon et du colon accompagnées de dépôts anormaux d'IgA dans les membranes des glandes intestinales et d'IgG dans les membranes de la lamina propria. Dans une autre expérience sur le rat, le mercure s'est avéré augmenter la perméabilité des tissus épithéliaux de l'intestin. Le mercure inhibe également la dipeptidyl peptidase IV, qui est chargée, entre autres substances, de fractionner la casomorphine pendant la digestion.

La fonction rénale est souvent affectée par l'exposition au mercure, mais il n'est guère étonnant qu'aucun trouble particulier des reins ne soit identifié dans les cas d'exposition par injections de thimoséral ou par inhalation de vapeurs.

 

Tableau X : troubles gastro-intestinaux
dans l'intoxication au mercure et l'autisme

Intoxication au mercure

Autisme

Gastro-entérites, diarrhées ; douleurs abdominales, démangeaisons rectales, constipation, "colites"

Diarrhées, constipations, gaz, douleurs abdominales, colites

Anorexie, perte de poids, nausées, manque d'appétit

Anorexie ; troubles de l'alimentation, vomissements chez l'enfant

Lésions de l'iléon et du colon ; perméabilité intestinale accrûe

Syndrome de perméabilité intestinale par manque de sulfatation

Inhibition de la dipeptidyl peptidase IV, chargée de fractionner la casomorphine

Déficit en enzymes endopeptidases chargées de fractionner la caséine et le gluten

 

II. Comparaison des anomalies biologiques:

 

La concordance des symptômes observés dans l'intoxication au mercure et l'autisme se poursuit au niveau des cellules et des sous-cellules. Elle est détaillée dans les tableaux suivants.

 

a. Biochimie:

 

Soufre : les études menées auprès d'enfants autistes présentant des intolérances chimiques ou alimentaires avérées mettent en évidence une altération des capacités à oxyder les composés soufrés ainsi qu'un déficit en sulfates. L'hypothèse d'une perturbation de la sulfatation ou d'une utilisation massive des sulfates pour combattre une substance toxique inconnue, éventuellement produite par les enfants, a été évoquée. Ces observations semblent pertinentes concernant le mercure, ce dernier se liant de préférence à des molécules riches en groupes sulfhydryl (--SH), tels que la cystéine et le glutathion, les rendant ainsi indisponibles pour les fonctions cellulaires et enzymatiques normales. Le mercure peut également entraîner un manque de sulfates de par son aptitude à inhiber de manière irréversible l'activité de transport des sulfates NaSi-1 dans les reins et les intestins, empêchant ainsi l'absorption des sulfates.

 

Parmi les groupes de sulfhydryl ou thiols, le mercure présente des affinités particulières avec les purines et pyrimidines, ainsi que d'autres substances subcellulaires. Des erreurs de métabolisme des purines ou pyrimidines sont connues comme facteurs d'autisme, ce qui laisse supposer que la perturbation par le mercure de cette voie pourrait également induire des traits autistiques.

 

Par ailleurs, chez des sujets présentant naturellement une faible synthèse de la tyrosine, le mercure peut également diminuer encore la tyrosine cellulaire en se liant aux groupes SH- du système de capture de la tyrosine, avec une incidence particulière sur des cellules connues pour accumuler le mercure (neurones du système nerveux central, voir ci-dessous). De même, les perturbations de la production de tyrosine dans les cellules hépatiques, pathologie d'origine génétique qualifiée de phénylcétonurie, entraînent également de l'autisme.

 

Glutathion : le glutathion constitue la principale substance d'élimination des métaux lourds dans les cellules, et le glutathion du foie est l'un des principaux substrats d'élimination du mercure organique. De par ses affinités avec le glutathion, ou parce qu'il perturbe l'absorption des sulfates, le mercure réduit la biodisponibilité en glutathion. Des études ont par ailleurs mis en évidence chez les sujets autistes des difficultés de détoxification des métaux lourds par le foie. Les faibles niveaux de glutathion peuvent être également révélateurs d'une infection chronique, et les carences en glutathion liées à une infection sont plus susceptibles d'apparaître en présence de dérèglements immunitaires causés par le mercure.

 

On a pu noter des anomalies de la glutathion peroxidase dans les érythrocytes des enfants autistes. Le mercure génère dans les cellules des espèces réactives de l'oxygène (ROS) qui induisent un stress oxydant. A des niveaux suffisamment élevés, il diminue la glutathion peroxidase et la glutathion réductase.

 

Mitochondrie : des perturbations du métabolisme énergétique du cerveau ont donné naissance à l'hypothèse d'un trouble de la mitochondrie. Un déficit en acide lactique et en carnitine laisse envisager une production excessive d'oxyde nitrique dans la mitochondrie, dont le mercure pourrait être en partie responsable. Le méthylmercure s'accumule dans la mitochondrie, dans laquelle il inhibe plusieurs enzymes, réduit la production d'adénosine triphosphate (ATP) et la capacité de neutralisation de Ca2+, et perturbe la respiration de la mitochondrie et la phosphorylation oxydative. Les neurones présentant un nombre élevé de mitochondries et le mercure s'accumulant dans les neurones du système nerveux central, un effet du mercure sur le fonctionnement de la mitochondrie des neurones semble particulièrement plausible chez les enfants présentant des difficultés pour se détoxiquer.

 

Tableau XI : anomalies biochimiques
dans l'intoxication au mercure et l'autisme

Intoxication au mercure

Autisme

Le mercure se lie aux groupes sulfates et inhibe l'absorption des sulfates

Niveaux de sulfates abaissés

Il présente des affinités particulières avec les purines et les pyrimidines

Anomalies du métabolisme des purines et des pyrimidines pouvant induire des traits autistiques

Il réduit la tyrosine cellulaire dans les levures

La phénylcétonurie, liée à une perturbation de la production de tyrosine, est facteur d'autisme

Il réduit la disponibilité en glutathion, nécessaire à l'élimination des métaux lourds dans les cellules et le foie

Niveaux insuffisants de glutathion ; diminution de la capacité du foie à éliminer les métaux lourds

Il peut réduire considérablement la glutathion peroxidase et la glutathion réductase

Activité anormale de la glutathion peroxidase dans les érythrocytes

Il perturbe l'activité de la mitochondrie, en particulier dans le cerveau

Dysfonctionnement de la mitochondrie, en particulier dans le cerveau

b. Système immunitaire:

Différentes anomalies d'ordre immunitaire ont pu être décelées chez les enfants porteurs d'un syndrome autistique. Qu'il s'agisse de problèmes auto-immuns ou d'infections et de réactions aux vaccins, ces anomalies semblent significatives d'un point de vue étiologique. Les effets du mercure sur le fonctionnement des cellules immunitaires sont bien documentés et pourraient en partie s'expliquer par la capacité du mercure à réduire la disponibilité en composés soufrés : on sait depuis longtemps que les thiols sont nécessaires à la production d'anticorps et que le glutathion et la cystéine sont indispensables à l'activation des lymphocytes.

Allergies, asthme et arthrite : l'autisme s'assortit souvent de troubles tels qu'allergies et asthme, dans des familles présentant des historiques de maladies auto-immunes telles qu'arthrite rhumatismale et hypothyroïdie. Les déficits en certains IgA, une expression exagérée d'antigènes HLA-DR, l'absence de récepteurs interleuken-2, la présence élevée d'anticorps contre la protéine de base de la myéline, et des niveaux élevés d'antigènes lymphocytes B D8/17 sont fréquents dans l'autisme.

Des réponses atypiques au mercure ont pu être attribuées à des réactions allergiques ou auto-immunes, et une prédisposition génétique pourrait expliquer pourquoi la réaction à ce métal peut autant varier d'un individu à l'autre. L'acrodynie peut revêtir la forme d'une réaction hypersensible, ou être liée à une réaction immunitaire excessive, et les enfants qui ont tendance à présenter des allergies sont plus susceptibles de développer une acrodynie. L'acrodynie s'accompagne souvent d'asthme, de problèmes immunitaires, de douleurs articulaires. Le méthylmercure est connu pour altérer le fonctionnement thyroïdien chez le rat.

Auto-immunité et protéines neuronales : des études se sont attachées aux symptômes auto-immuns de l'autisme : IgG élevés dans le sérum, anticorps antinucléaires (ANA), présence d'anticorps IgG et IgM pour les cellules endothéliales du cerveau. Le mercure demeurant dans le cerveau pendant des années après l'exposition, les symptômes persistants de l'autisme pourraient correspondre à une réponse auto-immune continue au mercure stocké dans le cerveau ; d'autre part, l'activation et la poursuite d'une réponse auto-immune dans le système nerveux central, une fois enclenchée, pourrait perdurer après la disparition du mercure du fait d'une prolifération persistance de lymphocytes.

Des corrélations ont pu être établies entre les titres d'anticorps IgG et les déficits sensori-moteurs. Les anticorps qui entourent les protéines neuronales pourraient être révélateurs d'une neurotoxicité. On a également pu démontrer une astrogliose (révélatrice d'altérations neuronales du système nerveux central), la présence d'IgG concentrés le long de la barrière céphalo-rachidienne, ainsi que la présence transitoire d'anticorps ANA et ANolA.

Il faut également évoquer de nombreux cas de réactivité immune (IgG et IgM) contre le cervelet ainsi qu'une fréquence supérieure d'anticorps dirigés contre les antigènes neuronaux. Dans une étude, 50% à 60% des sujets présentaient des anticorps de protéines de la myéline, ce qui laisserait envisager un lien avec une augmentation de certaines cytokines et des niveaux élevés de sérotonine.

Les anticorps dirigés contre le cervelet détectés dans des prélèvements sanguins peuvent réagir avec des antigènes neuronaux et générer des processus auto-immuns induisant des symptômes tels qu'ataxie et tremblements. Les altérations des cellules de Purkinje et granulaires notées dans l'autisme peuvent être également exacerbées par les anticorps formés en réponse aux dommages neuronaux.

Cellules T, monocytes et cellules tueuses naturelles : de nombreux sujets autistes présentent des sous-ensembles de cellules immunitaires perturbés, un fonctionnement anormal des cellules T, dont une diminution des réponses aux mitogènes des cellules T, ainsi qu'une augmentation des niveaux de néoptérine urinaire révélateurs de l'activation du système immunitaire.

Parmi les autres effets identifiés, il faut citer une diminution de la production de cytokines TNF (alpha) et IL-1. A hautes ou faibles doses constantes, on constate que le mercure tue les lymphocytes, les cellules T et les monocytes par apoptose due aux perturbations induites par les dysfonctionnements de la mitochondrie. Le méthylmercure est particulièrement dangereux pour les sujets au système immunitaire déjà affaibli. Parmi les autres effets du mercure : une augmentation du calcium cytosolique libre [Ca2+]i dans les lymphocytes T, un endommagement des membranes, des aberrations chromosomiques dans les lymphocytes chez l'homme, et une inhibition de la production et du fonctionnement des lymphocytes chez le rat.

Selon les prédispositions génétiques, le mercure peut activer le système immunitaire, en particulier les sous-ensembles Th2, et induire des rapports CD4/CD8 anormaux ; ceci pourrait contribuer aux infections fongiques de nombreux enfants.

De nombreux enfants présentent les anomalies suivantes : diminution de la fonction des cellules tueuses naturelles, déficit de la sulfatation, diminution des niveaux de glutathion, perturbation du système immunitaire, augmentation des IL-12 et IL-4 et des IFNg plasmatiques, diminution de la production de cellules productrices d'anticorps et des titres d'anticorps titres en réponse à l'inoculation d'agents immuno-stimulateurs.

Tableau XII : anomalies du système immunitaire
dans l'intoxication au mercure et l'autisme

Intoxication au mercure

Autisme

Réactions allergiques ou auto-immunes ; les sujets sensibles sont plus susceptibles de présenter des allergies et de l'asthme, ainsi que des symptômes auto-immuns, en particulier rhumatismaux

Fréquence accrûe de troubles tels qu'allergies et asthme ; terrain familial de maladies auto-immunes telles que l'arthrite rhumatismale ; déficits en IgA

Réactions immunitaires, y compris à faibles doses ; le mercure peut demeurer dans le système nerveux central pendant des années

Signes de réactions immunitaires continues dans le système nerveux central

Présence d'auto-anticorps (IgG) dirigés contre les protéines du cytosquelette neural, les neurofilaments et la protéine de base de la myéline ; astrogliose ; ANA et AnolA transitoires

Présence d'auto-anticorps (IgG et IgM) dans les cellules du cervelet et la protéine de base de la myéline

Surproduction de Th2 ; diminution de la production de TNF (alpha) et IL-1 ; destruction des lymphocytes, cellules T et monocytes ; inhibition de la production de lymphocytes ; diminution de l'activité des cellules NK T ; stimulation ou suppression de la production d'IFN (gamma) et IL-2

Sous-ensembles de cellules immunitaires faussés au profit des Th2 et rapports CD4/CD8 anormaux ; diminution de la réponse aux mitogènes de cellules T ; augmentation de la néoptérine ; diminution du fonctionnement des cellules T et NK ; augmentation des IFN (gamma) et IL-12

c. Structure du système nerveux central:

L'autisme est essentiellement un trouble neurologique, or le mercure se concentre plus particulièrement dans les cellules et fibres du système nerveux et le cerveau. Le méthylmercure franchit facilement la barrière céphalo-rachidienne en se liant avec la cystéine pour former une molécule presque identique à la méthionine. Cette molécule - la méthylmercure cystéine – est transportée avec les grands acides aminés neutres à travers la barrière céphalo-rachidienne.

Une fois dans le système nerveux central, le mercure organique est transformé en mercure inorganique qui ne peut plus ressortir par la barrière céphalo-rachidienne et est plus susceptible que le mercure organique de provoquer une réponse auto-immune. En outre, bien que la plupart des cellules répondent au mercure en modulant les niveaux de glutathion, métallothionine et autres protéines du stress, les neurones semblent généralement incapables de réagir ainsi et donc moins en mesure d'évacuer le mercure.

Seules certaines zones du cerveau sont endommagées, et il est frappant de constater à quel point ces zones sont similaires dans le cas de l'autisme comme celui de l'intoxication au mercure.

Cervelet, cortex cérébral et tronc cérébral : des autopsies de sujets autistes ont mis en évidence des anomalies des cellules de Purkinje et granulaires du cervelet, une diminution du volume des lobes pariétaux, la perte de neurones dans le cervelet ; les anomalies au niveau de l'amygdale et des lobes temporaux ne sont pas systématiques, mais la majorité des enfants autistes semble présenter des anomalies structurelles du cervelet.

Les anomalies du cervelet s'accompagnent de symptômes tels que des perturbations de la coordination, de l'équilibre, des tremblements, des anomalies sensorielles.

Le mercure entraîne un stress oxydant des neurones. Les cellules du système nerveux central principalement affectées sont celles qui ne sont pas à même de produire suffisamment de métallothionine et de glutathion, substances qui en inhibant la peroxydation des lipides combattent la toxicité du mercure. La faible production de glutathion, lorsqu'elle est associée à un épuisement des réserves en glutathion utilisable, met en place un mécanisme rendant difficile l'évacuation du mercure du cervelet, et ce d'autant plus que le glutathion est l'un des principaux détoxiquants du cerveau.

Des anomalies du tronc cérébral ont pu être mises en évidence chez certains patients autistes ainsi que dans quelques cas d'intoxication au mercure.

Amygdale et hippocampe : des particularités dans d'autres zones du cerveau sont remarquablement constantes dans l'autisme comme dans l'intoxication au mercure.

Le mercure peut s'accumuler dans l'hippocampe et l'amygdale, ainsi que le striatum et la moelle épinière. Une étude a pu démontrer que les zones de l'hippocampe endommagées par le mercure étaient celles qui n'étaient pas en mesure de synthétiser le glutathion.

L'étude du mercure présent dans les lobes temporaux établit un lien direct entre l'autisme et le mercure car, comme indiqué plus haut, (i) le mercure perturbe le fonctionnement neuronal, et (ii) les lobes temporaux et l'amygdale en particulier jouent un rôle essentiel dans l'autisme. Les lésions de l'hippocampe, lorsqu'elles sont associées à des lésions de l'amygdale, renforcent l'intensité des symptômes.

Il faut également noter que les observations relatives à l'amygdale tant dans l'autisme que l'intoxication au mercure, sont corroborées par celles relatives au syndrome de l'X fragile : anomalies sensorielles, instabilité émotionnelle, dérèglement de l'appétit, déficit des interactions sociales, évitement du regard. Non seulement les protéines incriminées dans le syndrome de l'X fragile (FRM1, FMR2) ont une incidence sur le fonctionnement de l'amygdale, mais les neurones impliqués dans l'évitement du contact oculaire ont été identifiés au niveau des lobes temporaux et de l'amygdale du primate.

Structure neuronale et périmètre crânien : différentes études ont mis en évidence une augmentation de la multiplication des cellules neuronales, une proportion abaissée de glia dans les neurones, ainsi qu'une augmentation du rapport cellules gliales/neurones. Différentes constatations neuropathologiques permettent d'évoquer des anomalies de la structure neuronale, du développement de l'arbre dentritique, de la synaptogenèse et du développement de la connectivité à l'intérieur des zones du cerveau et d'une zone à l'autre.

Le mercure peut interférer avec la migration des neurones et freiner la division des cellules lors du développement du cerveau. L'étude post-mortem des tissus d'enfants japonais et irakiens intoxiqués ont pu mettre en évidence une cytoarchitecture neuronale anormale, caractérisée par des cellules ectopiques et une désorganisation des couches cellulaires.

Les anomalies de croissance neuronale pendant le développement ont une incidence sur le périmètre crânien, tant dans l'autisme que l'intoxication au mercure.

 

Tableau XIII : lésions du système nerveux central
dans l'intoxication au mercure et l'autisme

Intoxication au mercure

Autisme

Attaque initiale du système nerveux central

Attaques neurologiques initiales

Attaque sélective de zones du cerveau incapables d'éliminer les métaux lourds ou de combattre le stress oxydant induit par le mercure

Pathologie de zones spécifiques du cerveau ; de nombreuses fonctions demeurent épargnées

Endommagement des cellules de Purkinje et granulaires

Endommagement des cellules de Purkinje et granulaires

Accumulations dans l'amygdale et l'hippocampe

Pathologie de l'amygdale et de l'hippocampe

Perturbation de la cytoarchitecture neuronale, de la migration des neurones et diminution de la division des cellules lors du développement du cerveau ; réduction des molécules d'adhésion cellulaire neuronales

Désorganisation neuronale ; augmentation de la multiplication des cellules neuronales, rapport cellules gliales/neurones insuffisant, augmentation du nombre de cellules gliales ; insuffisance des molécules d'adhésion cellulaire neuronales

Périmètre crânien : microcéphalie progressive

Périmètre crânien : microcéphalie ou macrocéphalie progressive

Anomalies du tronc cérébral dans certains cas

Anomalies du tronc cérébral dans certains cas

d. Neurones et neurobiochimie:

Le cerveau des personnes atteintes d'autisme se caractérise par des perturbations de nombreux neurotransmetteurs, en particulier la sérotonine, les catécholamines, les acides aminées et l'acétylcholine. On retrouve des perturbations de la sérotonine, des catécholamines, du glutamate et de l'acétylcholine dans l'intoxication au mercure.

Sérotonine : la synthèse de la sérotonine est diminuée chez les enfants autistes et au contraire augmentée chez l'adulte, tandis que la sérotonine plasmatique est élevée quel que soit l'âge. Les patients répondent souvent bien aux SSRI ainsi qu'à la rispéridone. Différentes études ont également identifié un lien entre les anomalies de la sérotonine et l'exposition au mercure.

La littérature consacrée aux anomalies de la sérotonine dans l'intoxication au mercure évoque des interactions entre le mercure et le calcium intracellulaire d'une part et les groupes sulfhydryl d'autre part.

Parmi les différentes perturbations identifiées, celles du calcium intra- et extracellulaire dans les neurones dans l'intoxication au mercure, et du métabolisme du calcium dans l'autisme.

Dopamine : des niveaux de dopamine trop élevés ou trop faibles ont pu être identifiés chez les sujets autistes. La pyridoxine (vitamine B6) est intéressante chez certains patients dont elle abaisse les niveaux de dopamine ; les antagonistes de la dopamine tels que l'halopéridol améliorent des symptômes tels que les stéréotypies motrices.

Des études ont également démontré une altération majeure de la dynamique de la dopamine du cerveau chez le rat exposé au mercure. Différents composés du mercure augmentent la libération de la dopamine. La perméabilité de la membrane synaptosomale induite par le mercure entraîne la perte de transmetteurs. Une carence en pyridoxine est susceptible d'entraîner l'acrodynie chez le rat.

Epinephrine et norépinephrine : différentes études ont démontré des niveaux de norépinephrine et d'épinephrine plasmatiques élevés chez les sujets autistes, laissant envisager des niveaux élevés de ces transmetteurs dans le cerveau ; on a pu noter une amélioration chez près de la moitié des patients ayant pris de la venlafaxine, inhibiteur de la recapture de la norépinephrine. Le mercure perturbe également les niveaux de norépinephrine en inhibant les groupes sulfhydryl et donc en bloquant le fonctionnement de l'O-méthyltransférase, enzyme chargée de dégrader l'épinephrine.

Glutamate : de nombreux sujets autistes présentent des niveaux anormaux de glutamate et d'aspartate ; dans une récente étude, les niveaux d'acide glutamique et d'acide aspartique plasmatiques étaient élevés alors même que les niveaux de glutamine et d'asparagine étaient bas.

Le mercure inhibe la capture du glutamate, entraînant une élévation des niveaux de glutamate dans l'espace extracellulaire ; le thimésoral renforce l'arachidonate extracellulaire libre et diminue la capture de glutamate. Des niveaux de glutamate excessifs interviennent dans l'activité épileptique, courante dans les troubles du spectre autistique comme dans l'intoxication au mercure.

Acétylcholine : des anomalies du système de neurotransmetteurs cholinergique ont été relevées dans l'étude post-mortem du cerveau d'adultes autistes qui a mis en évidence des déficits en acétylcholine et une diminution des liaisons de récepteurs muscariniques qui pourrait refléter la perte de neurones dans l'hippocampe provoquée par l'épilepsie des lobes temporaux. Le mercure modifie l'activité enzymatique, dont la choline acétyltransférase, ce qui pourrait entraîner un déficit en acétylcholine ; le mercure pourrait également inhiber la capture de l'acétylcholine.

Démyélinisation : les signes d'une démyélinisation ont pu être observés dans la plupart des cerveaux de sujets autistes étudiés. Il en est de même pour l'intoxication au mercure. Le méthylmercure peut modifier la composition en acides gras de la myéline cérébrale.

 

Tableau XIV : anomalies des neurones et de la neurochimie
dans l'intoxication au mercure et l'autisme

Intoxication au mercure

Autisme

Augmentation possible de la concentration tissulaire en sérotonine chez le rat nouveau-né ; perturbation du calcium dans les neurones, inhibition de la libération présynaptique de la sérotonine et inhibition des activités de transport de la sérotonine

Anomalies de la sérotonine : diminution de la synthèse de la sérotonine chez l'enfant ; synthèse excessive chez l'adulte ; niveaux élevés de sérotonine dans les plaquettes ; effet favorable des SSRI ; anomalies du métabolisme du calcium

Perturbation des systèmes de la dopamine ; perturbation du calcium et augmentation de la perméabilité de la membrane synaptosome, ce qui affecte l'activité de la dopamine

Niveaux élevés ou insuffisants en dopamine ; réponse positive aux antagonistes de la dopamine

Augmentation des niveaux d'épinephrine et de norépinephrine par blocage de l'enzyme qui dégrade l'épinephrine

Norépinephrine et épinephrine élevées ; réponse positive aux inhibiteurs de la recapture de la norépinephrine

Elévation du glutamate ; diminution de la capture du glutamate ; diminution de l'activité du système glutamatergique

Elévation du glutamate et de l'aspartate

Altération de la choline acétyltransférase, entraînant un déficit en acétylcholine ; inhibition de la libération du neurotransmetteur qu'est l'acétylcholine par impact sur l'hémostase du calcium ; insuffisance en acétylcholine corticale ; augmentation de la densité en récepteurs muscariniques dans l'hippocampe et le cervelet

Anomalies des neurotransmetteurs cholinergiques : déficits en acétylcholine corticale et diminution des liaisons de récepteurs muscariniques dans l'hippocampe

Neuropathies démyélinisantes

Démyélinisation du cerveau

e. Activité à l'EEG/épilepsie:

Les anomalies de tracé d'EEG sont courantes, tant dans l'intoxication au mercure que l'autisme, en particulier pendant le sommeil chez les sujets autistes. 35%-45% des cas d'autisme s'accompagnent d'épilepsie. Une récente étude a par ailleurs identifié une activité épileptiforme chez 82% des 50 enfants atteints d'autisme régressif étudiés.

Une activité épileptiforme inhabituelle a été également identifiée chez de nombreux sujets intoxiqués au mercure : convulsions généralisées, perturbations des rythmes d'arrière-plan, crises, tracés inhabituels, ralentis ou atténués.

Les lésions neuronales provoquées par les décharges épileptiformes ont fait l'objet de différentes études dont nombre se sont plus particulièrement intéressées aux zones du cerveau affectées dans l'autisme. Les lésions de l'amygdale pourraient être le résultat d'un "processus à retardement" qui se poursuivrait après les crises. Les altérations de la fonction métabolique cérébrale durent longtemps après les crises.

Derrière ces constatations se dessine une théorie :

Chez les individus qui y sont particulièrement sensibles, le mercure peut induire une activité épileptiforme de faible amplitude, difficile à identifier. Cette activité provoquerait la destruction de cellules dans le foyer épileptique et les noyaux cérébraux anatomiquement en relation avec les foyers épileptiques.

Ces études viennent étayer la thèse de l'autisme déclenché par le mercure car :
(i)  l'amygdale joue un rôle crucial dans les principaux traits de l'autisme (voir plus haut), et
(ii) le mercure vient se loger dans l'amygdale (voir ci-dessus).

En outre, ces relations théoriques sont compatibles avec des études d'imagerie cérébrale SPECT qui ont mis en évidence des zones hypoperfusées en relation avec des déficits spécifiques des enfants autistes.

Tableau XV : activité à l'ECC et épilepsie
dans l'intoxication au mercure et l'autisme

Intoxication au mercure

Autisme

EEG anormaux et activité épileptiforme inhabituelle

Activité anormale à l'EEG ; activité épileptiforme

Crises épileptiques, convulsions

Crises épileptiques ; épilepsie

Micro-crises de faible amplitude

Micro-crises de faible amplitude