images AMPOULE CASSEE MERCURE

Les lampes à incandescence classiques vont bientôt disparaitre, remplacées par des ampoules fluocompactes quatre à cinq fois moins énergivores. Mais plusieurs études et un avis de la Commission de la sécurité des Consommateurs (CSC) montrent que ces nouvelles venues posent plusieurs questions de sécurité sanitaire, en particulier à cause des vapeurs de mercure qu’elles contiennent.

100 W, 60 W… légalement, toutes les ampoules classiques, dites à incandescence, sont ou vont être interdites dans les mois qui viennent. À part les halogènes, qui ne disparaîtront qu’en 2016, les 180 millions d’ampoules équipant les foyers français devront être remplacées par un éclairage de nouvelle génération. Sur le plan des économies d’énergie, c’est une excellente chose : les ampoules fluocompactes consomment 4 à 5 fois moins d’électricité pour un éclairage aussi intense et leur durée de vie est de 6.000 à 10.000 heures, contre 1.000 pour les ampoules classiques. Cependant, plusieurs caractéristiques de ces ampoules posent problème, dont, notamment, la présence de vapeurs de mercure à l’intérieur du tube.

Quatre tonnes de mercure sont libérées chaque année dans l’atmosphère par l’industrie (Citepa). La pollution par ce métal lourd est malheureusement déjà bien présente. Les 150 kg contenus dans les 30 millions d’ampoules changées chaque année peuvent sembler anodins, d’autant qu’ils sont traités et recyclés. Mais qu’en est-il lorsqu’une lampe se brise chez soi ? La question qui se pose ici est de ne pas sur-contaminer son lieu de vie, et en particulier les espaces occupés par les enfants.

Un toxique connu, des inquiétudes et une batterie de tests:

Le mercure (symbole Hg) est un métal extrêmement toxique pour l’être humain et l’environnement. Liquide dans les conditions de pression et de température standard, il est relativement volatil. Après inhalation, sa liposolubilité le fait passer rapidement dans le sang. Sous sa forme métallique Hg0, rien ne l’arrête, pas même les barrières hémato-encéphalique et placentaires, filtres qui protègent respectivement le cerveau et le fœtus des substances dangereuses. Une fois en place, oxydé par différentes enzymes sous la forme Hg+ ou Hg2+, il ne peut plus ressortir : il y a accumulation. Lié de manière stable à différentes protéines, il va dérégler nombre de processus biologiques, et en particulier le développement foetal et cérébral. Cibles les plus sensibles : les femmes enceintes et les enfants.


Le mercure, étrange métal liquide, est aussi puissamment toxique pour les organismes vivants. © Ignacio Conejo-flickr-CC BY-NC-SA 3.0

Dans étude américaine parue en février, des chercheurs de la Jackson State University ont réalisé des tests pour connaître la quantité de mercure pouvant être relargué lors du bris d’une de ces ampoules. Sans être alarmante, l’étude fait ressortir les différences de quantité de mercure contenu dans les lampes selon le fabricant. Elle montre également que sur le long terme, une ampoule brisée peut libérer des quantités de mercure supérieures au seuil d’exposition maximal, fixé à 0,2 µg.m3 d’air aux États-Unis. Et les chercheurs de donner des recommandations dans l’usage et lors du bris accidentel de ces équipements.

Pas de seuil maximal d’exposition au mercure en France !

Mais qu’en est-il en France ? Quel est le seuil fixé pour la pollution au mercure ? Interrogée sur le sujet, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (Anses) ne s’engage pas et renvoie à l’avis émis fin février par la Commission de la Sécurité des Consommateurs (CSC). Après enquête, celle-ci a effectué ses propres tests, brisant différentes ampoules, éteintes ou allumées, dans une pièce plus ou moins ventilée et mesurant à différentes hauteurs la concentration en mercurehttp://www.securiteconso.org/article801.html dans l’air.

L’expérience montre là encore une grande disparité de la teneur en mercure selon le constructeur. La commission note d’une part que « la valeur maximale atteinte au cours de cet essai doit être considérée comme relativement élevée pour des populations sensibles », et d’autre part que « la question du risque pour la santé de ces personnes doit être posée ». La commission pointe du doigt l’absence de réglementation fixant une concentration maximale en mercure dans l’air ambiant pour des expositions à court ou à long terme, hors cadre du travail. Elle préconise des mesures et des comportements à adopter, et en particulier :

  • d’acheter les lampes contenant le moins de mercure possible. La quantité sera affichée sur l’emballage de l’ampoule ;
  • d’éviter d’utiliser ces lampes lorsqu’il y a risque de casse et d’éviter de les stocker dans des lieux sensibles comme la chambre d’un enfant ;
  • en cas de bris d’une de ces lampes :
    • de ventiler longuement et quitter la pièce ;
    • plus tard, de ramasser les débris avec des gants et du papier absorbant mais de ne surtout pas utiliser l’aspirateurpour éviter de mettre en suspension plus de mercure ;
    • de placer ces déchets dans plusieurs sacs plastiques étanches à jeter dans les points de collecte.

Ces procédures montrent de fait que, par la présence de mercure, les ampoules fluocompactes ne sont pas des produits de consommation courante anodins. Elles doivent être utilisées avec précaution. Les Led et des technologies d’éclairage encore plus performantes sont attendues avec impatience…

Ampoules éco : mercure, fluor, UV et cancer


2. Vapeurs de mercure :
En fin de vie, ces ampoules sont classées "déchets dangereux".
La casse de ce type d’ampoule oblige à un nettoyage efficace et une bonne aération. Il est aussi conseillé de se protéger les mains pour le ramassage des débris de verre, notamment pour éviter que le mercure ne pénètre dans le sang.

3. Poudre de fluor :
Les LFC sont dangereuses à cause du fluor, qui est un poison extrêmement violent (qui recouvre la surface intérieure de l’ampoule, sorte de poudre blanche).
Une simple coupure avec ces ampoules, devient problématique pour la santé, car il est impossible d‘éliminer ce fluor qui est hautement toxique.

4. Rayonnement UV :
Emettrices de rayons ultraviolets, elles augmenteraient le risque de développer un cancer de la peau." />