Dentisterie Hollistique

LETTRE-PETITION A SIGNER

Lien:http://www.procontremercure.lautre.net/Lettre-ouverte-de-chirurgiens.html?debut_signatures=140#pagination_signatures

Lettre ouverte de chirurgiens-dentistes à Madame la Ministre de la santé

Dans le cadre des négociations internationales sur le mercure qui doivent aboutir en janvier prochain, le Conseil National de l’Ordre des Dentistes et l’Association Dentaire Française ont rédigé une lettre à l’attention de Madame la Ministre de la Santé, la priant d’arguer pour que l’usage du mercure en dentisterie ne soit pas interdit. La lettre pétition, ici présentée, est strictement réservée aux professionnels de santé qui ne partagent pas ce sentiment.

mercredi 12 septembre 2012

Madame la Ministre,

Le Conseil national de l’Ordre des chirurgiens-dentistes vous a adressé, « au nom de toute la profession », une lettre*demandant à ce que vous vous opposiez « à toute mesure visant à interdire ou limiter l’utilisation de l’amalgame dentaire ».

* Voici la lettre:

Amalgames : un courrier de l’Ordre et de l’ADF à Marisol Touraine

Nous publions ci-dessous un courrier cosigné du président du Conseil national de l’Ordre, Christian Couzinou, et des secrétaires généraux de l’ADF, Joël Trouillet et Jean-Patrick Druo.

 La quatrième session du Comité de négociation intergouvernemental (INC4) du programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), dont l’objectif est d’élaborer un instrument international juridiquement contraignant sur le mercure, s’est tenue du 27 juin au 2 juillet à Punta del Este, Uruguay. L’INC3 s’est réuni du 31 octobre au 4 novembre [2011] à Nairobi, Kenya. L’INC5 se tiendra à Genève, Suisse, en janvier 2013, pour clore les négociations sur le traité.

Le texte sera ensuite présenté; pour signature en Octobre 2013 lors d’une conférence diplomatique au Japon.

L’Association dentaire française (ADF), avec ses 26 organisations membres, représente plus de 30 000 chirurgiens dentistes. L’ADF s’investit pleinement dans la santé bucco-dentaire au service des patients.

Avec le Conseil national de l’Ordre des chirurgiens-dentistes, au nom de toute la profession, nous vous demandons, membres du gouvernement français, d’intervenir dans les négociations en cours concernant un accord contraignant sur le mercure.

Une petite partie de ce projet a trait à l’amalgame dentaire, un matériau de restauration dentaire nécessaire pour dispenser les soins les plus efficaces dans des situations cliniques spécifiques

et dont la dangerosité n’a pas été prouvée (rapports du Scenihr et du Scher de mai 2008

– Comités scientifiques de la Commission européenne – et rapport de l’Afssaps de mai 2005).

 Nous vous sollicitons pour vous opposer dans ces négociations à toute mesure visant à interdire ou limiter l’utilisation de l’amalgame dentaire.

En adoptant une approche réfléchie et pondérée, la France contribuera à assurer des soins dentaires de qualité accessibles à tous et s’inscrira dans une campagne mondiale de lutte contre la maladie carieuse au service des populations les plus fragiles et des nations les plus démunies. Des efforts nationaux visant à prévenir les pathologies dentaires avec une politique de prévention efficace doivent être développés. En parallèle, la recherche de matériaux de substitution doit s’accélérer; aujourd’hui, l ‘émergence d’alternatives per formantes et mieux évaluées réduit la place de l’amalgame dentaire dans la stratégie thérapeutique, ce qui est confirmé par l’évolution du marché.

La gestion responsable des déchets d’amalgame, bien anticipée par la profession, se poursuivra dans le même temps.

En espérant que notre demande aura l’oreille attentive de votre ministère, nous vous prions  de croire, Madame la ministre, à notre profond respect. »

Christian Couzinou, président du Conseil national,

Joël Trouillet et Jean-Patrick Druo, secrétaires généraux de l’ADF


La lettre pétition, ici présentée, est strictement réservée aux professionnels de santé qui ne partagent pas ce sentiment.


Madame la Ministre,

Nous ne comprenons pas pourquoi l’Ordre vous sollicite sur une question qui se situe hors de son champ de compétences, alors même qu’aucune consultation ni aucun débat préalable n’ont eu lieu parmi les praticiens.

Nous, chirurgiens-dentistes signataires, estimons au contraire que la pollution au mercure dentaire est préjudiciable à la fois à l’environnement (et, par suite, à la santé de la population) et à la réputation de notre profession : comment justifier qu’elle seule continue de dispenser du mercure quand tous les autres secteurs sont contraints d’en limiter drastiquement ou d’en cesser l’usage ? Quel avenir préparons-nous quand nos voisins européens ont une évolution technologique considérable et que nous nous arc-boutons sur une technique dépassée, dangereuse et inesthétique ?

En outre, les risques encourus par les dentistes et leurs assistant-es suite à une exposition professionnelle au mercure sont une réalité établie par de nombreuses publications scientifiques.

Enfin, même si les rapports de l’Afssaps et du Scenihr n’ont pas validé la dangerosité de l’amalgame, nous en appelons au principe de précaution :

1) Les comités scientifiques français réfutent les preuves de toxicité établies mais ne prouvent pas l’innocuité d’un matériau qui relargue en continu des vapeurs de mercure dans nos cabinets dentaires.

2) Nous-même, chirurgiens dentistes, constatons fréquemment en clinique des pathologies liées aux amalgames ou aux courants galvaniques consécutifs à la présence de métaux en bouche, entraînant notamment des névralgies invalidantes, des inflammations muqueuses et musculo-tendineuses.

3) Le dernier rapport de l’OMS stipule que des problèmes généraux de santé sont associés à l’amalgame. S’il s’inquiète au demeurant du coût des alternatives à l’amalgame pour les pays pauvres, nous ne croyons pas que la France entre dans ce cas de figure.

4) La pollution au mercure n’est pas résolue par les séparateurs d’amalgame (instruments et cotons souillés) et un récent rapport montre que l’amalgame est en fait un matériau onéreux dès lors qu’on envisage les coûts liés à la dépollution.

Comme notre propre pratique le démontre chaque jour, l’amalgame est parfaitement remplaçable.Il est donc inexplicable que la France continue d’encenser un matériau contestable et dépassé, dont une résolution du Conseil de l’Europe et un rapport commandité par la Commission Européenne recommandent le retrait. Cette attitude va à l’encontre de ce que veulent les patients (qui sont à la recherche de matériaux biocompatibles et esthétiques) autant que de l’industrie : faute de débouchés en France, les avancées technologiques en dentisterie se font hors de nos frontières.

Nous souhaitons voir supprimer les obturations à l’amalgame et valoriser les biomatériaux pour une dentisterie saine et moderne.

Nous espérons que les autorités refuseront de marcher à contre-histoire, qu’elles encourageront le savoir-faire, l’enthousiasme, l’intelligence et l’innovation des praticiens comme des industriels et qu’elles placeront au premier rang de leurs préoccupations le souci de préserver l’environnement et la santé de nos concitoyens.

Veuillez recevoir, Madame la Ministre, l’assurance de notre considération très respectueuse.